Kyoto mon amour

Mon histoire d’amour avec Kyoto n’a pas commencé de la meilleure des manières et a pris quelques jours avant de se manifester. Mais allons dans l’ordre… Pour nous rendre de Yufuin à Kyoto, nous avons repris le mignon petit train rouge brinquebalant et ensuite le fameux Shinkansen, le train à grande vitesse au nez pointu, comparable au TGV. Et c’est effectivement à très grande vitesse qu’on est allé de Fukuoka à Kyoto, en 3 heures environ, en avalant 650 km! Les rizières, les collines et les forêts ont laissé place à une agglomération urbaine de plus en plus dense, car on passe par des grandes villes comme Hiroshima ou Osaka.

Une chaleur étouffante et humide nous a enveloppés dès notre sortie du train à Kyoto: heureusement notre appartement était à 10 min. de la gare. Un bel appartement, sur 2 étages, avec un jardin intérieur à admirer et de très jolies chambres spacieuses à l’étage. Tatamis pour tout le monde, pas de chambre à l’occidentale ici (aveu: on a quand-même rajouté quelques matelas sous notre futon, qui était vraiment trop dur, style camping).

Dans la chambre de Nora il y avait un petit coin aménagé en jardin.

Après être montés sur la Kyoto Tower (et avoir constaté que des collines pas très lointaines délimitaient la ville, contrairement à Tokyo… normal, car Kyoto est 15 fois plus petite), nous nous sommes dirigés vers le quartier de Pontocho, pour chercher un restaurant. Et là, une marée humaine, constituée de touristes et locaux, nous a entourés, partout où on allait, sur la route principale ou dans les petites ruelles. Et la chaleur humide ne faiblissait pas, et tous les restaurants étaient pleins, et il fallait s’inscrire et attendre notre tour dans la rue, avec les climatiseurs qui nous vomissaient leur air chaud dessus. Pour couronner le tout, quand enfin une place s’était libérée dans un resto, Eva avait disparu… elle était allée faire un tour à H&M!

Mais toute cette animation a trouvé une explication par la suite, quand on a vu des routes bloquées par des policiers et on a entendu des cris et des incitations. Il y avait une fête et, après renseignements, on a découvert que c’était la fin des festivités de Gion Matsuri, une des fêtes principales de l’été qui a lieu chaque année en juillet a Kyoto, dans le quartier de Gion.

Les gens prennent le frais au bord de la rivière. Ambiance un peu rétro, pas de pancartes colorées clignotantes ici.

Un premier contact un peu compliqué, donc, avec cette ville… mais le lendemain, le dicton qui dit qu’on ne doit pas se fier à la première impression, a été confirmé encore une fois. Nous avions soigneusement choisi notre premier temple, forts des avis effrayants sur la quantité de touristes présents sur les sites principaux de la ville. Sous « temple hors de sentiers battus », on nous conseillait un sous-temple de Tofuku-ji, qui s’est révélé être fermé ce jour-là. Quelle chance, avec le recul! Car du coup on a visité le site du temple principal, une vraie merveille à mes yeux encore novices en matière de temples. La grande découverte consiste dans le fait qu’on ne visite pas qu’un temple, pas qu’un seule construction, mais bien tout un site, constitué de plusieurs bâtiments, de jardins et de parcs.

En l’occurrence, là on pouvait visiter le parc avec son long pont et aussi la partie jardin, qui comprenait la visite du bâtiment entouré de ces jardins.

Le long pont couvert, par où a commencé notre visite, et le magnifique parterre de mousse omniprésente.

J’ai découvert à quoi ressemble une fleur de lotus: eh bien, sa réputation n’est pas surfaite.

Les fleurs de lotus et leurs grandes feuilles recouvrent les étangs.

Vous comprendrez qu’après ce premier rdv tellement réussi, je ne voulais pas en rester là. Et pour le lendemain notre choix s’est porté sur le très connu Pavillon d’Or. Le mirage doré nous a aveuglé… c’est certes très beau, ce reflet du temple dans l’eau mais il y avait trop de monde et la présence de boutiques et stands de glaces dans l’enceinte du temple nous a … refroidis.

La tentation était trop forte et un 3ème rendez-vous avec un nouveau temple a été pris pour le lendemain (que pour les adultes, les filles avaient d’autres priorités et sont rentrées à la maison). Le temple en question porte le nom de Kennin-ji et se trouve dans l’ancien quartier de Gion. C’était encore une fois magnifique: cette fois il n’y avait pas de parc à explorer mais beaucoup de jardins et un plafond entièrement peint avec 2 dragons. L’ambiance était calme, pas beaucoup de monde et on a pu se régaler en observant les jardins et les architectures depuis des perspectives différentes. Quel raffinement!

Le plan du site de Kennin-ji, pour vous donner une idée de l’étendue.
Les 2 dragons qui décorent le grand plafond du temple.
Même les armoires sont peintes de manière délicate.

A ce stade, j’étais déjà pas mal amoureuse de cette ville mais le coup de grâce a été donné lors de notre visite du soir dans le quartier traditionnel de Gion, très couru des touristes le jour (car on peut y croiser des geishas) mais très tranquille la nuit. Pour préserver la vie du quartier, ils ont interdit l’accès à certaines ruelles et mis des règles strictes de respect des lieux, comme ne pas parler fort ou ne pas s’asseoir par terre. Et ça marche: l’ambiance qu’on y respire est magique et nous pousse à deviner ce qui peut se cacher derrière ces façades si sobres et si élégantes (en réalité ce sont souvent des restaurants très chers).

Alors, oui, définitivement, Kyoto aura toujours une place dans mon cœur.

Francesca

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